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L’écologie digitale, enjeu majeur du XXIème siècle

6mins à lire

Depuis 30 ans, le numérique impacte les usages dans l’économie, notre vie quotidienne, l’accès au savoir, la communication… et la liste est longue. Pourtant cette révolution numérique a un coût énergétique et des conséquences lourdes pour l’environnement.

La pollution digitale, existe-t-elle vraiment ?

Sujet encore méconnu, 75% des Français ignorent l’existence de la pollution numérique. Mais si les usages digitaux sont dématérialisés, l’architecture qui les rend possible est bien réelle, et se nourrit d’énergie en majeure partie fossile puisée aux quatre coins de la planète.

Face à ces constats, l’écologie digitale est donc “la discipline qui étudie l’impact environnemental des différents écosystèmes reliant l’humain et le digital dans le but d’en limiter les effets nuisibles pour l’environnement”. Un mouvement initié par Inès Leonarduzzi, fondatrice de l’ONG Digital for the Planet.

Quel est son impact ?

On distingue trois causes majeures à la pollution digitale afin de bien différencier leurs enjeux et leurs impacts environnementaux.

La fabrication

La fabrication de nos objets électroniques nécessite des minéraux et minerais rares comme le lithium ou le coltan. Le coltan par exemple, qui est un matériau utilisé dans les condensateurs des smartphones, est extrait à 80% au Congo, et majoritairement dans des mines illégales. Entre les matières premières, la production et les transports, un smartphone fait 4 fois le tour de la terre avant d’arriver dans nos mains. Et de plus en plus de personnes ont accès à ces appareils, notamment grâce aux coûts de production dérisoires. Aujourd’hui, nous sommes 4 milliards d’internautes à posséder 8,5 milliards de téléphones : repenser le système de production et de transport pourrait donc réduire l’impact environnemental pour les nouveaux internautes qui arrivent chaque jour.

Symbole de la dépendance de notre système à l’exploitation des ressources, la guerre civile qui a déchiré le Congo en 2000 a également eu pour conséquence de ralentir la commercialisation de la PlayStation 2, que ses fabricants ne pouvaient plus produire. Avec la diminution de nos ressources naturelles, l’avenir ne semble donc ni au “virtuel” ni à l’“illimité”, contrairement à ce que pourrait nous faire penser notre vision du numérique.

L’utilisation

Au-delà de la production de nos supports, leur utilisation pèse également beaucoup dans la balance de la pollution digitale. 16% de la consommation électrique mondiale est aujourd’hui engendrée par le numérique, et ce chiffre va croître de 50% d’ici 2020.

Toutes les données que nous générons sont stockées dans des data centers très énergivores : un data center moyen est aussi consommateur en électricité qu’une ville de 20 000 habitants. Et ces data centers sont nombreux : à l’heure de l’écriture de cet article, il y a 4 409 data centers répartis dans 109 pays, sans prendre en compte ceux qui sont intégrés aux entreprises ou les centres de données qui proposent des services d’hébergement.

Même si les GAFA ont engagé la transition vers une alimentation en énergie renouvelable, la grande majorité des datas centers sont encore alimentés par des énergies fossiles (gaz, charbon, nucléaire) pour pouvoir fonctionner en continu. En France, 10% de l’électricité produite est consommée par les data centers. À Synerg’hetic, nous nous trouvons même dans la région d’Europe qui contient le plus de data center et représente 1/3 des capacités de stockage en France, la Seine-Saint-Denis. Mais dans ce département où la concentration urbaine oblige à coller les data centers aux habitations, le bruit et le rejet de chaleurs provoquent également une pollution sonore et visuelle.

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Pourtant parmi ces données stockées, de nombreuses pourraient être évitées, comme les spams ou encore les doublons de fichiers. Selon l’Ademe, un e-mail avec une pièce jointe d’un mégaoctet émet 19 grammes de CO2 dans l’atmosphère. Quand on sait que 80 % des e-mails ne sont jamais ouverts et que les spams émettent autant de CO2 que 3 millions de voitures, on peut s’interroger sur la pertinence de nos envois. Véritable enjeu pour les entreprises, l’utilisation abusive des emails n’est pas notre seule activité polluante : chaque requête Google rejette 5 grammes de CO2 dans l’atmosphère. En une année, les spams émettent autant de CO2 que 3 millions de voitures. Aujourd’hui, notre activité numérique est responsable de 2 % des émissions de CO2 et passera à 3 ou 4 % d’ici 2020.

Le recyclage

Un récent rapport des Nations Unies indique que nous produisons 44,7 millions de tonnes de déchets électroniques par an. Pourtant, seulement 20 % d’entre eux ont été collectés et recyclés, les 80 % restants ayant été incinérés, entreposés dans des décharges en plein air ou enfouis dans le sol, et ce, malgré qu’ils soient composés de métaux de valeur comme l’or, l’argent, le cuivre ou le platine qui pourraient être récupérés. La valeur totale de ces matériaux jetés était estimée à 55 milliards de dollars l’an dernier, une valeur « supérieure aux économies nationales de la plupart des pays du monde ». En outre, ces déchets sont le plus souvent nocifs pour l’environnement et la santé, et contaminent durablement les milieux.

Comment lutter contre cette pollution ?

Si chacun à son échelle peut agir pour réduire son empreinte écologique digitale, ce sont les entreprises qui peuvent avoir le plus fort impact, puisqu’elles représentent le premier foyer de pollution numérique en ville. Encouragé par l’opinion publique  —  la moitié des Français souhaitaient en 2018 que les entreprises mettent l’écologie digitale au sein de leur stratégie RSE — chaque service de l’entreprise peut repenser son architecture de données et les outils qu’il utilise. Il est également important de sensibiliser les employés à ces enjeux, et de les solliciter pour co-concevoir une nouvelle architecture plus économe en ressources.

Solutions pour limiter notre impact

En parallèle de ces chantiers, quelques solutions simples peuvent être mises en place par les entreprises comme par les particuliers pour limiter notre impact :

  • vider régulièrement la corbeille de sa boîte mail ainsi que celle des spams et de la boîte d’envoi ;
  • privilégier des mails courts ;
  • éviter, si possible, d’envoyer une pièce jointe ;
  • se désabonner des newsletters dont vous vous désintéressez (des outils comme Cleanfox peuvent le faire pour vous gratuitement) ;
  • fermer les onglets web dès que la recherche est terminée ;
  • éteindre son ordinateur en partant de son lieu de travail ;
  • privilégier des moteurs de recherche écologiques comme Lilo qui finance des projets environnementaux et sociaux grâce aux revenus générés par la publicité.

Et si l’on souhaite aller plus loin et limiter l’impact de la production de nos supports numériques, des alternatives performantes comme le projet FairPhone existent pour remplacer les smartphones polluants, et il est également possible d’acheter nos supports en occasion ou reconditionnés.

Le rôle à jouer des acteurs du numérique

Ils ont également leur part de responsabilité et un rôle à jouer, ils peuvent adopter des technologies plus économes ou encore intégrer dès la phase de réflexion une approche d’éco-conception. 

Rasmus Lerdorf, le créateur du langage PHP affirme par exemple que si tous les sites qui tournent sur ce langage passent sur la version 7, on économiserait 750 milliards de kWh d’électricité et 375 milliards de kg de CO2, soit l’équivalent du rejet en CO2 de 375 000 vols Paris-New York.